Un déjeuner à l’hotel du Couvent

joshstewart90@gmail.com

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août 25, 2025

Un déjeuner à l’hotel du Couvent

On dirait le Sud.  But make it eternal and timeless

Qui de mieux que le chanteur Nino Ferrer pour éterniser dans l’inoubliable “Le Sud”, cette sensation qui nous envahit dès qu’on visite le Sud de la France:  Un mélange de douceur, de nonchalance et cette immanquable classe avec la quelle on prends l’apéro en terrasse.  Impossible d’imiter cette marque de fabrique qui est l’art de vivre de la French Riviera.

Une sensation qu’on retrouve à l’Hôtel du Couvent, un monastère du XVII-ème siècle entièrement renové par le Groupe Perseus, avec la vision alliant philosophie, culture et soin de son fondateur, Valéry Grégo. Il suffit de poser notre regard sur la gamme de couleurs jaune, ocre et vert qui à elle toute seule constitue une cure de rajeunissement dans un monde où la pollution visuelle et sonore nous rendent enclins à chercher des sources de bien être sans nous déplacer trop loin.  

Pas étonnant que l’Hôtel du Couvent soit l’endroit dont tout le monde parle à la Côte d’Azur. Paradoxalement, c’est un havre qui sait cultiver, dans un esprit fidèle à cet ancien monastère, ce mystère et cet art du silence exquis, où on laisse la parole à l’architecture, l’interior design, la philosophie du restaurant et du bar et surtout à son staff si connaisseur:

La Côte d’Azur sourit comme celui qui se sait gâté par ces rayons de soleil presque toute l’année, ici on respire un bonheur qui émane de la nature.  Notre première impression à l’Hôtel du Couvent nous présageait une expérience authentique, eco-sostenible et avec la barre très haute côté gastronomique.  Une sélection des meilleurs fournisseurs locaux et surtout de l’arrière-pays niçois le confirmait avec des propositions contemporaines, sans airs de déjà vu.

L’atmosphère – Intérieurs qui invitent à la détente sans oublier le plaisir

“Ici tu n’est pas dans un endroit. Tu est dans un état d’esprit, intemporel, suspendu dans le temps”.  On dirait une phrase d’un film de Woody Allen, mais non, c’étaient nos voisins de table, architectes, qui comme nous, succombaient au charme du grand patio avec ses arcades baignées par le soleil méditerranéen.  Ce décor se prêterait bien pour l’hédonisme des films du directeur de “Annie Hall” qui ne délaisse pas ce coté intellectuel qui le rends unique.  C’est impressionnant comment le parcours spirituel et religieux de l’endroit, tel une infusion guérissante, a su filtrer en chaque ton de jaune vivace, chaque recoin de douceur de vivre, chaque arbre qui invite à faire un break.  Il suffit tout simplement de traverser le vieux Nice pour trouver la paix et le silence sans oublier le plaisir joyeux des sens, tel un vrai jardin de délices.  

La table – Dualités qui prodiguent bien être au corps et à l’âme 

Un menu ou une carte de déjeuner peut se révéler en un outil didactique, tel un livre:  Nous apprenons avec. Et cette leçon de provençal nous fait aimer encore plus Nizza la Bella:

-Nous commençons par des barba juans, spécialité régionale qui consiste en petits raviolis frits farcis avec des blettes, ricotta et épinard. On sent la proximité avec l’Italie, à une demie heure en train.  Une salade de calamar nous rappelle le brouhaha des pêcheurs du pays et alentours, des personnages charismatiques qui nous attrapent avec leurs histoires.  Nous adhérons le contraste entre cohue et silence, qui coexistent dans la métropole azuréenne. Comment ne pas se détendre et contempler ces asperges cultivés dans les jardins de l’Hôtel du Couvent, à la texture glorieuse.  De même avec les artichauts ultra frais et le filet de sandre issu de la pêche locale, plus frais impossible. Une quiche de petit-pois nous aporte santé et cette bonté que seulement on peut s’attendre d’une cuisine traditionnelle des grandes mères provençales au tempérament et grâce si uniques. 

Les plats principaux résument parfaitement l’esprit “potager-bien être” avec le raffinement que toute la planète envie à la Cote d’Azur:  Capellini frais à la sauge, issue des herbes du potager  du Couvent, là on est à km zéro pour une bonne conscience slow food.  Nous nous régalons avec les asperges blancs accompagnés par du sarrasin à la texture parfaite. La noblesse de ces ingrédients nous transporte dans un tableau de Cézanne ou Matisse, avec le soleil qui reine en maître des lieux. Mémorable la truite de Cians fumée avec ses légumes du printemps, tout comme la Rolls de la volaille, la volaille Terre de Toine de l’arrière pays niçois, au safran et asperges vertes.  Ça explique la longévité des habitants, une cuisine saine et équilibrée depuis toujours.  Précisément, c’est la notion de pérennité qui nous captive de cet endroit, épuré et sophistiqué au même temps. 

Les desserts reflètent aussi cette dualité:  citron givré, typique du Sud de la France, ludique et traditionnel.  Un régressif et gourmand riz au lait revisité avec du caramel au citron s’ elève à une catégorie plus inventive de dessert. Le baba au rhum nous rappelle que le déjeuner peut aussi être festif.  Nous allons toujours nous souvenir des magnifiques fraises au sucre roux, avec un goût que seulement le doux clima du midi peut garantir, de loin les meilleures fraises qu’on a gouté en Europe.  Déclinées en tarte aux fraises, nous confirmons que les grandes mères provençales ou plutôt les soeurs visitandines, ont la clé pour pouvoir vieillir en sérénité tout en se délectant avec ce qu’on a à zéro km de distance.

Hotel Du Covent, Nice

1 rue Honoré Ugo, 06300 Nice, France

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